De Gibraltar aux Baléares

mardi 16 juillet 2013
par  Guillaume

11-12 juillet : Barbate - Fuengirola (passage de Gibraltar)

Départ vers midi de Barbate pour avoir le courant d’ouest dans l’après-midi à Tarifa, la pointe sud de l’Espagne. On a vu le Cap Spartel au Maroc hier, peu après Cadiz, et on voit "l’entonnoir" du détroit rétrécir au fur et à mesure, très beau paysage marin.

La météo est encore dans les choux, il faut les comprendre, le Levante s’est arrêté, la tendance est à "rien du tout", donc les effets de côte et thermiques prennent le dessus. Ca sera vent d’Est 4 puis 5 et rafales à 6, un peu rien à voir avec les fichiers Grib. La trinquette est même re-sortie de son sac.

La pointe de Tarifa à gauche et le Maroc au fond.

Jusqu’à Tarifa, le vent monte, et exactement à sa hauteur, il tombe soudainement. C’était LE point de départ de ce fichu vent d’est ! On est en plein courant portant, et on tire des supers bords de près à 60° sur le fond, à 6 noeuds ! Moi j’aime bien les marées...

Les pétroliers sont à touche-touche. On louvoie entre l’Espagne et le rail.

La route dans le détroit, des supers bords de près grâce au courant d’ouest !

Gibraltar apparaît dans la brume derrière la Punta del Carnero

A la hauteur d’Algeciras, en fin de courant portant, il y a encore de belles "marmites" et tourbillons

Le rocher de Gibraltar - comment ça on voit rien ?

Le comité d’accueil méditerranéen !

Le vent tombe de plus en plus à la hauteur de Gibraltar, et la brume s’épaissit. On a décidé de ne pas s’arrêter, un peu pressés d’aller en Med ! On met le moteur pour ne pas s’éterniser au milieu des cargos et des NGV qui arrivent de partout, surtout qu’on y voit de moins en moins ! 1 demi mille, 500 mètres, en début de nuit on arrive même plus à juger de la visibilité. Pas de lune, pas d’étoile, le noir.
Cap au NE pour s’éloigner de l’arrivée des mastodontes.

Bye bye l’Atlantique !

Une grosse trouille en milieu de nuit quand j’éteins le moteur pour écouter un peu les parages : le détecteur de radar sonne. Un cargo arrive par tribord, on entend vraiment bien le bruit des machines... il passe sur l’avant, sur babord, puis finit de nous tourner autour par l’arrière... le moteur est prêt à démarrer au cas où. Il passe à 100 mètres ? on ne saura pas... rien vu, pas la moindre lumière.

La fin de nuit est plus sereine question bateaux, complètement sans vent, et il ne se décide pas à se lever. Après plusieurs heures de moteur, je décide de faire un arrêt dans le port le plus proche, Fuengirola.

Euh... Fuengirola, bon, c’est pas le genre d’endroit pittoresque... Sorte de grand défouloir pour vacanciers nord-européens en mal de chaleur.
On prend une douche, on dort et on repart.

Des rorquals !

13-14 juillet : Fuengirola - Cap de Gata

Du vent d’ouest ! On part sous spi et on dépote vers l’est. La côte est bien massacrée par endroit, c’est pas franchement sauvage...

Le vent tombe en fin de nuit à l’approche de la baie d’Almeria, moteur.

En revanche, dès le Cap de Gata, la côte est sauvage et magnifique ! Bonne surprise, on s’en met plein les yeux.

Le Cap de Gata

De drôles de concressions blanches dans la roche de la Punta Negra, comme de la glace

On mouille dans la baie de Genovés, baignade pour Thomas dans une eau turquoise et transparente, sieste pour le captaine...

C’est beau non ? Cherchez l’erreur sur la photo !

15 juillet : Cap de Gata - Aguilas

La côte est vraiment belle, mais il y a ici et là des effets de la corruption... heureusement il y a des gens dans le coin qui ont encore du bon sens - et pas mal de peinture noire... a quand la dynamite ? Ici un hôtel à l’abandon.

Arrivée à Aguilas, très jolie baie entourée d’éperons rocheux

16 juillet : Aguilas - Carthagène

Journée de près NE à E, avec de sacrées rafales et bascules à 90° en baie de Carthagène. La baie est magnifique (en fermant les yeux côté port industriel), avec un petit dédale de falaises et une entrée bien engoncée. Les Phéniciens avaient bien choisi l’endroit !

La falaise du Cabo Tinoso (teigneux), juste avant la baie de Carthagène

Carthagène est une ville de mélange d’époques ! Ruines romaines sont entourées de bâtiments récents, et même d’architecture hyper-moderne avec de drôles de matériaux design... On en profite une journée, sous une chaleur... écrasante.

Le grand port de Carthagène avec des bassins de commerce, de plaisance, et aussi militaire, avec semble-t-il une base de sous-marins.

Les architectes et les urbanistes ont dû s’éclater à Carthagène !

Un amphithéâtre romain (reconstitué)

18 juillet : Carthagène - Santa Pola

On est encore étonnés par la beauté de la côte, du moins entre les stations balnéaires : ici juste avant le Cabo de Palos.

Je n’en crois pas mes yeux en regardant le speedo et le GPS : il y a du courant en Med ! On passe le Cabo de Palos à 6.2 noeuds au près serré sur le fond avec 7-8 noeuds de vent, incroyable ! 5.2 au speedo ! Mais j’ai pas les horaires de marées de Méditerranée !

...le Cabo de Palos

Santa Pola, et ben c’est moche et trop cher, mais ce n’est malheureusement que le début. Jusqu’ici on a été très étonné par les tarifs plutôt bas (très bas au Portugal) des ports, mais apparemment c’est fini.

19 juillet : Santa Pola - Villajoyosa

Petite étape de près, toujours du près, 4 puis 5.

Fichu Levante qui reprend ses droits de temps à autres... on repart que le 22.

22 juillet : Villajoyosa - Moraira

Le superbe mouillage buccolique et sauvage de Benidorm

Le rocher de Calpe

On va dans la baie de Moraira, assez jolie, au mouillage dans une eau parfaitement transparente, ça change des pertuis ! Baignade...

Le vent est de NE au début, parfait pour l’abri, mais il tourne au sud en fin de soirée, on est secoué. Qu’à cela ne tienne, c’est idéal pour aller aux Baléares ! C’est parti ! La nav de nuit va être super.

SUITE : des Baléares à Barcelone