De Lisboa à Gibraltar

lundi 17 juin 2013
par  Guillaume

16 juin : Lisbonne - Sines

Enfin partis !! Après l’annulation de son vol à cause des grèves, Thomas est enfin arrivé à Lisbonne en train avec un peu de retard, mais on n’est plus à ça près...

Superbe journée ensoleillée, parfaitement ventée, 62 milles et presque 6 nds de moyenne : que demander de plus !

Thomas a repris ses marques sur Spirit en un clin d’oeil, a beaucoup barré pour sa première journée, et moi ça me change la vie à côté du pilote automatique qui barre un peu comme il veut au portant...

Bye bye Lisboa ! Thomas à la barre, 15 litres d’huile d’olive dans les coffres !

Le fort Bugio, qui marque l’entrée du Tage et un grand banc de sable

Le Cabo Espichel, encore plus beau que le Cabo da Roca

Le port de Sines

A Sines, le Nortada a repris ses droits, 30 noeuds quasi constants avec quelques quarts d’heure de pétole... Année inhabituelle d’après les habitués et les Portugais. Bref on attend on attend... Pour ne pas s’ennuyer, on va visiter Santiago do Cacem, à une 20aine de km.

La vieille ville de Santiago do Cacem

La région est connue pour ses chênes-liège, il y en a partout, et on sent qu’il doit bien faire chaud en été, et sec... Pour le moment ce n’est pas encore ça, 22-25°, vent du nord oblige.

22 juin : Sines - Portimao (mouillage, enfin !)

Enfin une météo pas kamikaze, on décampe ! En partant en fin de nuit de Sines, et en arrivant en début de nuit à Portimao, on avale les 83 milles avec les dauphins, les puffins cendrés, les fous de Bassan, et un gros poisson-lune sur la route.

Le Cap Saint Vincent est un site grandiose. Elle est longue cette pointe ! C’est une vraie barrière à houle et à vent. Une fois passé la deuxième pointe au sud (Sagres), on se retrouve sur un lac ! Je m’étais habitué à la houle, voilà que Spirit retrouve sa glisse habituelle, et ça ne bouge plus ! En même temps je réalise que la carène est bien sale et qu’on est trop freiné, il faudra caréner aussitôt que possible, ça devient urgent. Les surfs dans la houle me l’avaient un peu caché.

On mouille entre les jetées du port de Portimao. Sensation bizarre depuis plus d’un mois : il n’y a pas de vent ! La nuit est calme et silencieuse, quel changement...

24 juin : Portimao - Faro (île de Culatra)

Faro est une immense lagune à marée, qui rappelle donc les paysages bretons auxquels je suis habitué, mais en plus chaud ! Ca y est la température est montée !
Villages de pêcheurs, mais aussi beaucoup de tourisme, heureusement pas encore trop envahissant en cette fin juin.

Au mouillage à Faro

Vive les classes de mer !

Levé de lune à Faro

On est sur le trajet de migration des cigognes

La plage sud de Culatra dans la brume du matin. Beaucoup de houle encore à cause de vent de sud-est fort dans Gibraltar. (Le franchissement de la barre -un peu en retard- a été rock’n roll...!)

Carénage à Faro (à l’est de Culatra). Spirit va pouvoir glisser à fond ! On se prend des bons coups de soleil aussi...

27 juin : Faro - Ayamonte (sur la rive espagnole du Rio Guadiana, la frontière)

On arrive devant le fleuve, ça se voit !
Le Levante, vent d’est dans le détroit de Gibraltar, persiste ! On va donc remonter le Rio Guadiana, qui paraît-il est magnifique, en espérant voir plein d’oiseaux, et en attendant que le vent tourne à l’ouest.
Je viens d’apprendre que je reprends mon travail en février 2014 ! Alors le programme ?? La Méditerranée, mais il faut encore réfléchir où et comment !

28-29 juin : remontée du Rio Guadiana

Toujours du vent d’est fort dans Gibraltar, allez hop on remonte le fleuve ! Quelle tranquillité.... A la voile dans les quelques méandres du fleuve, avec les cigognes, les hérons et autres oiseaux.

C’est sec sec par ici ! Amandiers, chênes-liège, quelques belles villas et beaucoup de petites maisons abandonnées aussi.

Oh la belle casquette !

Les deux villages jumeaux, Alcoutim à gauche côté Portugal, et Sanlucar à droite côté espagnol, qui se regardent en chiens de faïence

Une belle rencontre ! Jacques Dupéron, l’architecte des voiliers Bohême, est aussi en balade sur le fleuve sur son dernier né, le 37 pieds. Après une petite visite de Spirit, voilà qu’on redescend bord à bord au gré des risées et bascules... on s’est bien amusé.

J’ai toujours adoré les voiliers Bohême, ils sont rares, alors je suis ravi de cette coïncidence.

Le magnifique ULDB Bohême 37

1er juillet : Ayamonte - Chipiona

Vents faibles en perspective. Tendance Est générale avec effet de brise de sud-ouest l’après-midi. Mais c’est pas violent ! Le drifter va enfin sortir de son sac ! Il va bien nous tirer jusqu’à Chipiona que l’on atteint dans la nuit. On dort un peu et on repart en matinée.

2 juillet : Chipiona - Baie de Cadiz

Toujours pétole ou ouest faible l’après-midi. On a le choix entre atteindre péniblement Barbate dans la nuit suivante, ou s’arrêter en baie de Cadiz où l’on pourra se mettre au mouillage. Atteindre Gibraltar avant le retour du Levanter ne sera pas possible sans plus de vent. Et entre la belle Cadiz et la barbante Barbate le choix est vite fait !

On se met au mouillage dans la baie pour deux nuits, lecture, baignade et kayak...

Par contre le 5 juillet j’écris ces lignes depuis la marina de Cadiz, car le Levanter souffle en rafales à plus de 40 noeuds, et on va pas à terre en kayak comme ça. Spirit tire sur ses amarres, ça siffle et ça grince pas mal, mais tout va bien. Bienvenue en Andalousie !

La place de la Cathédrale à Cadiz

La vie est toujours dure pendant les escales...

Bonnes rafales en baie de Cadiz !

10 juillet : Cadiz - Barbate

Ca y est le ventilateur s’est arrêté. Incroyable de sentir un léger vent de 10 noeuds après la soufflerie de cette semaine ! Le silence ! On part sous voiles mais le vent va tomber peu après Cadiz. La tendance est toujours Est, le vent suit le trait de côte, ça va être du près toute la journée tendance pétole, selon la météo.

Mais non ! Le vent se lève de sud-est vers midi, 3, 4, 5, et on finit en tirant des bords sous 2 ris devant le célèbre Cap Trafalgar, avec le courant portant donc contre le vent, ce qui lève un petit raz clapoteux. Mais Spirit fonce toujours au près ! et on arrive à Barbate en longeant par l’ouest un grand filet à thons. Il y en a plusieurs dans la région, et celui-là est juste devant le port, c’est pratique.

Barbate est sans intérêt, c’est juste pratique d’attendre ici la bonne heure pour passer le détroit avec la marée.

Il fait chaud, la mer devient d’un bleu de plus en plus doux, ça sent la Méditerranée !

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