De Baiona à Lisboa

dimanche 19 mai 2013
par  Guillaume

BOM DIA PORTUGAL !

18 mai : Baiona - Viana do Castelo

Au Portugal, la côte devient rectiligne et les ports du nord sont situés à l’embouchure de rivières. Retour aux horaires de marée ! et un oeil (et même les 2 bien ouverts) sur la météo pour la direction de la houle. Si elle est forte et d’ouest, une barre se forme à l’entrée des rivières pendant la marée descendante (jusant). Faut pas se pointer au mauvais moment !

Heureusement en ce moment la houle est de NW, pas trop forte, le premier port est dragué assez profond, et orienté assez sud, donc aucun danger en arrivant en fin de jusant. Je remonte le chenal de Viana do Castelo au moteur face au vent jusqu’au bassin de plaisance. Les gars du port me font tout de suite une place spéciale Spirit ! super abritée à l’intérieur du bassin car la rivière est agitée et le ponton d’attente saturé (c’est à dire 4 bateaux de 12-13 m...). Merci le petit bateau !

Spirit au pied du pont Gustave Eiffel. Le premier train de 5h30 est un bon réveil-matin !

Viana est une ville où il fait bon vivre : pas étonnant que les escales de pas mal de marins s’éternisent ici ! Ambiance de village, calme, sourires, jardins et verdure, allées sous les arbres, jeux pour les enfants, rues conviviales où les repas en famille ou entre voisins s’improvisent... Comme introduction au Portugal, il n’y a pas mieux ! Mais ils sont fous ces Portugais !! Pas d’agressivité, de "moi je", de "tu te débrouilles" ?? Non, ici c’est Entraide et Efficacité !!

Navire-hôpital qui accompagnait les pêcheurs sur les bancs de Terre-Neuve. Viana do Castelo est un port connu pour la fameuse pêche à la morue. Il y a encore de grands chantiers navals, mais la crise est là...

21 mai : Viana do Castelo - Porto

Départ à 6h, le réveil-matin a bien marché grâce à Gustave Eiffel. Arrivée prévue vers 13h, avant que le thermique ne commence son manège quotidien, c’est-à-dire se mettre à souffler à 13h30 précises à 30 noeuds. On est en pleine période d’"alizés portugais", avec l’anticyclone au nord des Açores et une dépression sur le centre Espagne. Résultat : au large c’est la soufflerie continue de Nord, et le long de la côte c’est régime thermique réglé comme du papier à musique : pétole de minuit à 11h, puis 10 nds, 15 nds à 12h30, 20 nds à 13h, et 30 nds à 13h30. C’est comme ça tous les jours, on s’adapte.

Il y a en plus un bon courant de nord, tout cela est bon pour dépoter vers le sud, mais je vais éviter les 30 noeuds de l’après-midi, car les 2m à 2m50 de houle déferlent.

J’arrive à 12h30 en tout début de jusant (un peu en retard faute de vent) devant l’entrée du Rio Douro, où coule la ville de Porto (ou le contraire). Il y a déjà du courant mais pas encore de barre, et de toute façon la passe d’entrée a été draguée, c’est bon ! 30 mn plus tard c’était limite.

Porto : que c’est beau ! J’ai fait mon touriste.

Le port est à 3 km de la vieille ville, et comme je suis hyper organisé pour la vie terrienne, je vais louper tous les bus aller comme retour, matin et après-midi, donc beaucoup de marche à pied (j’adore !!).
Balade sur les quais de Vila Nova de Gaïa, dégustation et achat de quelques bouteilles (hips !), téléphérique qui monte en haut de la colline, et je traverse le Rio Douro sur le grand pont (génial) de Dom Luis (un peu de vertige du haut des 60m surtout après le Porto), et balade dans la vieille ville historique, colorée, vivante...

Ville sublime !

24 mai : Porto - Aveiro, et le record de vitesse de Spirit

Départ 6h30, moteur, vent faible, mais qui monte dans la matinée à 20 nds, et comme me l’ont expliqué des Portugais, c’est le signe d’un thermique puissant l’après-midi. Je vais débouler à 7nds de moyenne jusqu’à 3 milles d’Aveiro, où la houle se met à grossir en approchant de la côte. De beaux surfs à 10 nds, j’en note un à 11.2 nds. En haut d’une vague beaucoup plus raide que les autres, Spirit part comme une balle de fusil, remonte la vague précédente, et en fin de surf je lis 15.8 nds au speedo ! (qui est pourtant un sacré pessimiste).

La houle diminue en se rapprochant des jetées, que des pelleteuses sont en train de prolonger pour limiter la barre. L’eau est chargée de sable, des matelas d’écume jaune tapissent le chenal, une drôle d’ambiance ce port d’Aveiro !

L’entrée d’Aveiro. On ne voit pas grand chose... si ce n’est les deux jetées entre lesquelles se vide et se remplit une immense lagune.

Le phare d’Aveiro, vu de l’intérieur. Seul point de repère du large pour trouver la passe sur cette côte très basse cachée par la houle.

Aveiro n’était autrefois qu’un estuaire couvert de marais salants. Il a été un peu sacrifié pour des ports industriels et de commerce, et une base militaire. Mais quelques endroits sont restés très sauvages, et il y a quelques maisons au bord d’une drôle de lagune, avec quelques bateaux au mouillage. L’ambiance est bizarre, un côté désertique mais avec une intense activité humaine.

J’entre à 12h. A 13h30, il y a 30 noeuds, c’est normal.

Au mouillage dans la lagune de Sao Jacinto

25 mai : Aveiro - Figueira da Foz

Départ à 6h15 avec le début de jusant, la houle modérée de NW et l’absence de vent ne devrait pas me poser de problème entre les jetées. Mais c’est quand même assez rock’n roll sur un petit bateau léger ! Des vagues pyramidales de 2-3 m de SW, W, et NW, ça déferle au niveau des profondeurs les plus faibles, le moteur me pousse à fond à 3 noeuds que je ne dépasse pas. L’eau est toujours jaune de sable. Absence de vent, voiles affalées bien sûr à cause du roulis/tangage. Bref, à deux milles plus loin ça se calme et on est content.

La côte n’est pas terrible depuis Viana, je n’ai pas pris de photo. Belle navigation, toujours sur même mode : vent arrière de NNE à NNW, qui monte de 1 à 6 jusqu’à 13h, où j’arrive à Figueira.

Figueira est une ville bourgeoise, aménagée impeccable, c’est joli aussi, mais moins pittoresque, sûrement très touristique en été. En arrivant et partant aux bons horaires, aucun problème de barre, mais il n’y a pas d’eau entre les jetées et il y a encore eu un accident dramatique ici il y a deux mois. Même l’intérieur du port est très agité en cas de grosse houle, bref faut pas traîner ici.

27 mai : Figueira da Foz - Nazaré

Superbe journée de voile ! La houle est complètement tombée, ça faisait longtemps ! Et le soleil ne nous quitte plus, génial...

C’est ici exactement qu’a été surfée "la plus grande vague du monde" !
28 mètres ! Le 29/01/2013, à la pointe de Nazaré, un des spots de surf les plus réputés au monde.

Beeen moi, quand je suis passé, les vagues étaient un poil moins grandes...

Mais pourquoi de si grandes vagues juste ici ? La faute à un canyon sous-marin en forme d’entonnoir dont la pointe est juste devant Nazaré. Les fonds remontent de 600 à 40 mètres, et la houle d’ouest qui vient taper cette "marche" lève des vagues géantes juste sur la plage.

Les hauteurs de Nazaré, qui surplombent la plage et la partie basse de la ville.

Ca a dû bien taper, ici !

Les séchoirs à poissons sur la plage.

Nazaré est depuis longtemps consacré à la pêche, mais son port est récent. En 1955, les grandes barques de pêche étaient encore mises à l’eau directement dans les rouleaux de la plage, et des attelages de vaches les hissaient sur le sable... quand ce n’était pas les femmes et les enfants qui s’en chargeaient. Durs ces Portugais.

La plage, la ville et le port de Nazaré

Le port parfaitement conçu de Nazaré, avec ses 3 successions de digues pour casser la houle. Au fond, tout est calme...

Sur cette photo on peut voir le changement de couleur de l’eau, qui correspond aux limites du canyon sous-marin de Nazaré

Pour les instits, super pavage géométrique -et artistique- pour maternelles et CP !

2 juin : Nazaré - Peniche

L’Ile Berlinga, au large de la pointe de Peniche

La péninsule de Peniche

Pas de photo de la ville où je n’ai pas débarqué car je suis arrivé dimanche, accueil de rigueur par la Brigada Fiscal, et pas de carte pour ouvrir les portes fermées à clef des pontons... J’étais prévenu d’un ponton d’accueil dangereux à cause des remous provoqués par les chalutiers sortant à toute blinde du port. Certains bateaux retombent même sur le ponton de temps à autres (merci Claire et Jérôme pour le récit et la mise en garde !). Donc je reste une nuit et je file. Tant pis pour la citadelle qui valait le coup de la visite dans ce coin uniquement dédié à la pêche. Espérons qu’ils ne suivent pas l’exemple français et qu’il reste quelques poissons dans 20 ans !

3 juin : Peniche - Cascais

J’arrive au moteur sur le Cabo da Roca ! Quelle misère !

Depuis Baiona, j’étais en plein régime d’alizés réglé comme une horloge, comme si quelqu’un tournait l’interrupteur à 13h30 et le fermait à 22h ! Aujourd’hui c’est fini, le temps change, et pas un souffle toute l’après-midi. Il fallait que ce soit le jour du passage du Cabo da Roca !

Le Cabo da Roca, la pointe la plus à l’ouest de l’Europe continentale (oui Daniel, la plus à l’ouest de toutes est aux Blaskets en Irlande ! :-)

Les couleurs des montagnes de l’Estremadura, se finissant devant l’estuaire du Tage

Le phare Guia qui donne un alignement pour entrer sur le fleuve Tage

Cascais et son pavé à la portugaise

On se croirait sur l’île de Ré !

La ville est tout simplement superbe

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Le port est une marina playmobil comme je ne les aime pas... Mais je vais quand même en profiter car le moteur HB a bien besoin d’une vidange de l’embase, et un mécano est juste à côté et super sympa (le prix aussi !). Un peu d’accastillage aussi pour quelques bricoles, bref Cascais est une bonne escale technique !

Ca vaut pas un bon p’tit biquille !

6 juin : Cascais - Lisboa

Le fort de la pointe de Lage, qui surveillait l’entrée du Tage, au bout de la rive nord

Le Pont du 25 Avril en vue !

La Torre de Belem, qui défendait l’accès à Lisbonne, mais qui a surtout servi de prison (un peu comme dans de nombreux ports)

Le Monument des Découvertes, de construction récente, sous le régime du dictateur Salazar. Il représente les grands navigateurs/découvreurs du Portugal.

Oupsss je l’avais pas vu celui-là, occupé à regarder les quais de Lisboa...

Le Pont du 25 Avril est très proche de celui du Golden Gate à San Francisco, conçu par les mêmes architectes

La statue géante du Christ, sur la rive sud

La Place du Commerce, ancien palais royal, qui reçoit aujourd’hui les bureaux de différents ministères

Spirit dans la Doca Alcantara. Merci Olivier pour la photo !

Bon, pour résumer, la vie est douce à Lisboa, et c’est beau partout...

Au musée de la Marine

Le plus beau graffiti de Lisbonne
La Route des Princes, la course des trimarans MOD 70 et Multi 50 autour de l’Europe, est de passage à Lisbonne ! On est aux premières loges pour assister aux régates sur le Tage.

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