Le panneau solaire orientable

lundi 18 juin 2012
par  Guillaume

Comment recharger sa batterie sur un petit bateau léger et performant, et sans moteur In-Board ?

- Eolienne ? Trop de fardage, de risques (tête et bras) et de nuisances.
- Moteur HB ? Fastidieux (redresseur, fils, connexions). Il produit trop peu, trop bruyant, puant...
- Hydrogénérateurs ? Pas encore adaptés pour les petits bateaux trop lents par rapport à la conception des modèles de qualité (Watt & Sea...). Et trop cher !
- Groupe électrogène ? Quelle horreur de nuisances et de risques avec le stockage de l’essence !

Il reste le panneau solaire, à condition de pouvoir l’orienter à 90° des rayons du soleil pour en tirer le maximum. Evidemment il y a la contrainte de le régler en fonction de l’heure de la journée et de la route du bateau, c’est à dire en permanence. Certains sont tentés de le poser fixe, mais il peut alors avoir un rendement proche de 0 ! Alors qu’il peut débiter des ampères dès le lever du soleil et jusqu’au coucher si on l’oriente !

En pratique, depuis 8 ans d’utilisation, on arrive très bien à se donner la peine de l’orienter assez souvent. Le panneau permet alors de se passer complètement du chargeur de quai, sur une période infinie (testé sur 6 mois de voyage, rentré batteries pleines), avec les équipements électriques suivants :

- pilote automatique ST1000
- feu de tête de mât (à incandescence 15W car les leds perturbent l’antenne VHF)
- VHF - AIS
- GPS fixe (consommation très faible)
- loch-sondeur (très faible)
- plafonnier du carré (rare)
- éclairage du compas (négligeable)

En solo, c’est surtout le pilote automatique qui consomme. Compter de 1 à 3 ampères/heure suivant une marche au près ou au portant.

En double avec nav de nuit, c’est le feu de tête de mât qui consomme le plus : 1.2 A/h.

Sur 24h, avec 2h de pilote et 8h de feu de tête de mât, il faut donc produire en moyenne une 15aine d’ampères, au maximum une 20aine.

Le panneau solaire choisi est de 40 W, monocistallin, orientable sur rotule sur mâtereau en carbone. A 90° des rayons du soleil, il produit alors jusqu’à 2.5 A/h, en théorie et en pratique ! (testé avec multimètre). En moyenne 1.8 A/h, toujours testé avec multimètre. Du lever au coucher du soleil, en été (14h d’ensoleillement), le panneau produit donc jusqu’à 25 ampères par jour.

En fait, depuis que je suis équipé du panneau solaire, je peux même me payer le luxe de faire tourner l’ordinateur pour la cartographie avec une clé USB - GPS.

Mon chargeur de quai tout neuf ne sort de son carton que pour la voiture en hiver...

Le mâtereau est un morceau de mât de planche à voile en carbone, qui descend sous le pont jusqu’à la coque où il est vissé-collé. Il est moussé PU (s’il casse, pas de voie d’eau possible) et peint en blanc.

J’ai fait faire un X en alu qui est boulonné sur le cadre. On peut placer/enlever le panneau du mâtereau en quelques secondes. Un boulon inox assure le panneau sur le mâtereau pour les navs agitées.

Au milieu du X, il y a une platine carrée en alu, où est boulonnée l’articulation.

Pour l’articulation, au début j’ai voulu mettre un diabolo comme les mini 6.50. Mais une ancienne rotule de pied de mât de planche à voile s’est révélée beaucoup plus souple. On oriente ainsi le panneau très facilement avec beaucoup d’angle, jusqu’à 80° de l’horizontale.
Ainsi on peut recharger du lever au coucher du soleil, et le rendement en ampères sur une journée est bien supérieur à ce que j’avais lu !


Pour tenir l’orientation, 4 bouts’ avec taquets coinceurs fait maison...
Les bouts tirent sur le X en alu, pas sur le panneau lui-même

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