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vendredi 26 novembre 2010
par  Guillaume

C’est un bateau vivant, très réactif, dans la logique des ULDB (Ultra Light Displacement Boat), avec tous les avantages généralement attribués à ces bateaux, et aussi les défauts.

Par petit temps, les risées se traduisent instantanément en accélérations, cela avance toujours même avec très peu de vent alors que d’autres sont au moteur. Dans le médium, le bateau a une vitesse moyenne vraiment élevée pour sa taille. Sur une journée d’été "normale" (balade), faire 65 milles est fréquent, sans tirer sur la bête et en se faisant vraiment plaisir. Sympa pour remonter de La Rochelle à Yeu en une fois, ou de Yeu à Belle-Ile...
Le gros temps, je n’en ai encore jamais eu (mon programme de navigation m’a encore permis de l’éviter !). Avec 30 noeuds le bateau est très réactif à la barre, il obéit à tout. De travers, il fonce à 9 nds avec 10m² de GV et 5m² de trinquette... On s’étonne du peu d’efforts qu’il y a alors dans les écoutes, le gréement... Ca ne tire quasiment pas. Le bateau grimpe sur les vagues, redescend, ça arrose le pont, ça bouge ! mais il n’y a pas ces chocs énormes d’un bateau lourd (j’ai connu...).

C’est plus l’état de la mer qui peut gêner un petit ULDB : un clapot haché et désordonné demande de rester bien toilé, de bien barrer, et un ou deux équipiers au rappel ne sont pas de trop sur Spirit.

Le bateau est très sensible à la charge, on s’en doutait. Ca peut être un défaut par tout petit temps quand on part en début de croisière bien chargés, ou qu’on emmène 3 copains rugbyman à bord avec moins de 5 noeuds de vent ! A l’inverse, à la journée, on profite vraiment des avantages de la légèreté en enlevant tout le superflu. Le matossage n’est pas symbolique : on voit tout de suite les effets.

1) Au près

Par mer plate, c’est un régal évidemment. La carène étroite et équilibrée fait qu’on avance sur des rails. 5,9 nds, 6 nds sont réguliers. On peut éteindre le pilote auto et Spirit va tout droit. Les voiles font régulateur d’allure, il y a un lacet à peine perceptible. En solo c’est un gros avantage. Avec l’arrivée des vagues on rebranche le pilote bien sûr.

Dans le médium, c’est toujours son allure de prédilection, on prend un ris de 13 à 16 nds suivant le poids de l’équipage au rappel, ce qui est tôt mais la vitesse ne tombe pas. Avec plus de vent, on gagnera à avoir 2 ou 3 équipiers à bord, pour faire un peu ballast ! La différence est très sensible. Le bateau est peu lesté, étroit, et il y a de la gîte. Le point positif est que ça fonce toujours, et que le comportement du bateau reste très sain. On loffe bien dans les risées, en choquant le rail de GV dans les surventes, sans que la vitesse ne chute, et sans mise au tas.

En solo on prendra un ris plus tôt, et un système de matossage efficace sera le bienvenu.

2) Au portant

Léger, le bateau avance avec beaucoup de facilité. Les variations de vent apparent sont très sensibles, et le réglage du spi est important bien sûr. Avec moins de 10 nds de vent, il faudrait absolument un spi max en tête pour la régate. Le mien est au capelage, n’est pas très grand (51 m²) mais finalement est suffisant vu le poids du bateau...

Avec du vent et de la mer, le bateau part vite au surf. Il sera d’autant plus équilibré qu’il sera bien toilé. Super pour un programme de balade côtière. Avec plus de 20 noeuds de vent arrière et de la houle, si on veut éviter de surfer constamment à 12 nds (pour manger ou dormir), il faut réduire... le bateau roule un peu et on sent qu’il redemande de la toile ! Cependant la vitesse reste facilement à 7-8 noeuds même avec 2 ris. Comme tous les petits bateaux rapides, le pilote électrique à vérin montre vite ses limites, c’est dommage en solo... mais alors il faut mettre des milliers d’euros dans un NKE... ce qui n’est pas encore mon choix !

Plus de 10 noeuds constants sous GV à 1 ris et foc, par 22 nds de vent portant. Pour un petit biquille sans le spi...

3) Le biquille à ailettes

C’est sûrement l’avantage le plus évident. Les performances sont étonnantes au près, avec une différence de vitesse très nette au moment où la liaison quille-coque au vent sort de l’eau (ne serait-ce que 10 cm). Le speedo montre sa joie !
Aucun problème de choc avec les vagues comme j’en ai déjà entendu parler pour des biquilles, de "bruit, de coup de frein...." les quilles fines passent très bien, même dans les vagues, la houle...
Le système trouve son léger handicap au vent arrière et vent faible, mais avec un gréement aux barres de flèches poussantes + spi asy, on n’a pas trop intérêt à en faire. On a intérêt à gîter un peu. Avec du vent

Un autre inconvénient est qu’on ramasse quelques algues (la quille au vent) : on peut les enlever à la gaffe, mais la plupart partent toutes seules...

4) Aujourd’hui...

Pour un programme de navigation côtière et semi-hauturière, je suis ravi de ce bateau : Spirit est pour moi le bateau idéal pour aller aux Scilly par exemple ! La gîte parfois importante au près s’explique par la contrainte transportable fixée au départ par l’architecte (2m50 de largeur maxi) et le programme de nav côtière pour la conception. Cela est largement compensé par tous les avantages de l’ULDB que j’ai listés.

Aujourd’hui, le programme aurait tendance à évoluer vers plus de large en solo ou en double... Cela implique un bateau plus raide à la toile, avec plus d’autonomie. Mon rêve est donc maintenant un Spirit de 9m50 / 10 mètres quasi-identique, mais avec :

- un rapport de lest supérieur (quilles en composite et non en fonte),
- une capacité de charge utile supérieure mais en gardant la sobriété du concept,
- un plan d’aménagement optimisé pour le solo...
... pour le reste : la même chose svp !!!

Et surtout pas un gros bateau !!! Vive la simplicité !!!

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