5 - Enduit, ponçage et peinture de la coque

dimanche 31 octobre 2010
par  Guillaume

JUIN 1999

Sur un bateau construit dans un moule, le stratifié est recouvert d’un gel-coat protecteur, polyester en général.

Ici, pour protéger le stratifié et avoir une surface lisse, il faut l’enduire. Il s’agit de la même résine que celle utilisée pour stratifier, dans laquelle on incorpore une "poudre" (charge). On dit charger la résine. Là aussi il existe une multitude de charges, selon qu’on travaille le bois, le joint-congé, l’enduit destiné à être poncé, celui destiné à être aussi dur que possible...

J’ai utilisé des micro-ballons phénoliques, préconisés pour l’enduit destiné à être poncé. Ce sont de minuscules sphères, si bien que lorsqu’on charge la résine, on augmente son volume et on diminue son poids. Bref, plus la résine est chargée, plus l’enduit est léger. "Plus on en met, moins c’est lourd !"
Donc le dosage est important :
- pas assez chargé et l’enduit coulera, et sera dur à poncer,
- trop chargé et l’enduit n’adhèrera pas à la surface.
C’est de la pâtisserie !
La viscosité de la résine variant fortement avec la température (chaud, elle coule, froid elle est visqueuse), il est important d’en tenir compte sous une serre et d’éviter les moments de grosse chaleur, car entre le moment où on mélange dans le bac, et celui où on applique, la température fait des bonds et on a des surprises ! (voir calendrier de la construction).

Dans mon cas, je n’ai pas assez enduit. Des défauts de surface sont restés visibles, bien qu’il faille un peu se pencher dessus pour le voir...

Cependant, après 10 saisons de navigation, je peux dire que ce défaut n’est qu’esthétique : même après quelques chocs, la coque n’a jamais souffert du manque d’enduit. L’époxy est dans mon cas un avantage sur le polyester, moins résistant et sujet à l’osmose.
Après avoir enduit, les joies du ponçage ! Les artistes expriment leur talent en ponçant à l’archet. Moi j’ai utilisé une cale à poncer... et ma ponceuse !

On peut faire plusieurs cycles enduit/ponçage selon son expérience, son exigence, sa patience, sa fatigue... J’en ai fait trois, avec comme je l’ai dit, à chaque fois trop peu de matière appliquée.

Ensuite la récompense : la peinture ! Deux sous-couches époxy. Sur les oeuvres vives, l’antifouling viendra dessus directement peu avant la mise à l’eau. Sur les oeuvres mortes, il y aura plus tard deux couches de polyuréthane bi-composant.
Deux "petits détails" :

- On enduit et peint jusqu’à 20 cm environ du livet du pont. Cette partie recevra la stratification de la peau extérieure du pont, qui "fermera la boîte" de façon homogène. Au lieu d’un rail de fargue qui lie le pont et la coque par boulonnage, et est souvent la cause d’infiltrations.

- Une zone de 30 cm environ autour du futur aileron de safran n’a pas été enduite ni peinte, pour permettre de le coller/stratifier plus tard, directement contre la peau extérieure.
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