+ / - : la construction

dimanche 31 octobre 2010
par  Guillaume

Globalement, je suis très heureux de cette "aventure" qu’a été la construction. Ca n’a pas été source de tracas, de soucis comme on peut le lire parfois... pas de grosse galère. Seule 2 ou 3 tempêtes m’ont fait lever en pleine nuit pour aller vérifier la serre !
1) Si c’était à refaire :

- La serre :

Une serre fermée, bien chauffée... C’est du temps de gagné pendant l’hiver.

- L’épaisseur des gabarits du mannequin de coque :

Elle aurait dû être 12mm et pas 20. Si on fait la construction avec des moyens minimum, autant limiter le poids à porter lors du retournement.

- Enduit de coque insuffisant en quantité :

Pour une première construction sans expérience, et avec une surface stratifiée peut-être un peu inégale, ne pas hésiter à mettre la dose. J’ai appris (bien sûr après l’avoir fait) une meilleure solution : faire une première couche d’enduit à la spatule crantée. Puis poncer à la cale en bois cet enduit. La surface à poncer est réduite de moitité grâce aux rainures de la spatule, donc moins d’efforts. Ensuite on enduit les rainures en égalisant le tout. Un dernier ponçage de surface... C’est beau l’expérience...

- Le retournement :

Passer un peu plus de temps à fabriquer un vrai conformateur permettra de tourner le bateau en se passant de "chèvre", et avec un peu plus de sérénité que dans mon cas... Pour un petit bateau, retourner ainsi la coque directement est le mieux à mon avis (meule de foin...). Si le bateau est bloqué dans son conformateur vraiment costaud, aucun souci !

- Nombre de gabarits pour le pont :

Il faut suffisamment de gabarits afin d’éviter la déformation des plaques de mousse en "vagues". Ou alors il faut revenir à la solution du mannequin entièrement latté de bois pour bien soutenir les plaques.

- Cloisons CP :

Pour préfixer les cloisons en CP avant le joint-congé, j’aurais dû utiliser le pistolet à colle, tellement plus vite. La raison est que je voulais une liaison continue à l’époxy. Chacun voit...

- Peinture intérieure :

Il était superflu de passer 2 couches de PU bi-composant. A la limite une couche de mono-composant.

- Peinture antidérapante :

Elle aurait dû être passée quand tout était fini, juste avant la mise à l’eau. Cela permet de peindre en contournant les pièces d’accastillage, avec un scotch sur environ 3 cm autour. Ainsi, quand il faut refaire la peinture, je ne m’embêterais pas à masquer chaque taquet, chaque rail, chaque winch au scotch.

- Quilles en fonte :

C’est l’erreur n°1, mais je crois qu’à moins d’avoir un témoignage similaire, je la referais pour la simplicité apparente (acheter des quilles toutes faites)... Le souci majeur est l’entretien, il faut passer tous les ans un primaire sur les zones abimées, sachant que la liaison quille-coque ainsi que la zone sous les ailettes sont assez exposées (échouage).

Une autre solution est de faire des quilles en stratifié (pendant la strat’ extérieure de la coque) et de couler du plomb à l’intérieur. Je n’ai pas trouvé ça simple du tout : les quilles sont petites, très fines, et... il y en a deux... Pour un grand bateau quillard, d’accord, mais ce genre de biquille (penser à l’inclinaison + ailettes) ne s’y prête pas à mon avis.

L’idéal est de réaliser les quilles en composite (CP stratifié pour le plus simple), encastrées / stratifiées sous les banquettes du carré. Puis d’y coller / boulonner les ailettes en plomb stratifié. Lerouge a dessiné une nouvelle forme d’ailette bulbée qui permet ainsi de descendre le centre de gravité. Le poids de lest est le même, mais tout est centré dans les ailettes.

Avec ce système :

- On peut tout faire seul (avec la même expérience et moyens que ceux que j’avais),
- Plus aucun entretien (l’antifouling comme la coque),
- Grande cohésion de l’ensemble par suppression des boulons de quilles,
- Raideur à la toile améliorée.

Cela me donnerait presque envie de le faire 10 ans après...
2) Les + de la construction

Eh bien tout le reste... Difficile de lister tous les avantages de ce mode de construction :

- De manière générale, ce n’est pas une aventure périlleuse ni risquée, à la fois financièrement et techniquement. Le plus important est de bien savoir ce qu’on va faire, pourquoi, comment et quand. Après, on trouve la plupart du temps la solution technique sur le tas. Le bon sens importe plus que l’habileté, le but n’est pas de faire la Cup !

- Tous les matériaux sont légers, on ne se fatigue pas dans de la manutention. L’outillage peut être minimum.

- Le déroulement du chantier (strat’ extérieure coque, strat’ intérieure, cloisonnement, intérieur pont, extérieur pont) engendre peu de "grosses manoeuvres". Il permet de réaliser la coque de façon convexe (comme sur un moule mâle), beaucoup plus facilement que dans un moule femelle, qui nécessiterait en plus deux retournements de coque.

Le seul procédé encore plus simple est de faire le pont directement à l’endroit sur le bateau, sur une peau intérieure en CP de 4 mm. Mais pas pour le roof, et avec peut-être un barrottage, encore que je me demande s’il serait indispensable...

- L’ensemble du bateau, les liaisons pont-coque, coque-cloisons... sont très homogènes, sans aucun recours au contremoulage, boulonnage, sources de souplesse, décollements, infiltrations, ponts thermiques...
SUITE

Navigation

Articles de la rubrique