7 - Stratification de la peau intérieure

dimanche 31 octobre 2010
par  Guillaume

JUILLET 1999

Une fois les gabarits enlevés, j’ai placé des écarteurs (tasseaux) aux mêmes endroits pour respecter la largeur à chaque couple.
Ensuite j’ai découpé le surplus de la peau extérieure qui débordait le long du livet de pont. Cela aurait gêné la stratification intérieure à cet endroit.

Puis il faut s’occuper des 3 zones monolithiques du bateau : l’étrave et les liaisons quilles/coque. A ces endroits, il faut enlever la mousse et prévoir la jonction en pente douce (sans angle vif) entre les peaux extérieures et intérieures.

Pour cela j’ai :

- délimité au feutre la zone où enlever la mousse,
- tranché la mousse au cutter en suivant le tracé,
- utilisé un vieux ciseau à bois désaffuté pour décoller la mousse sans attaquer la fibre en-dessous.
- délimité 10 cm au feutre autour de cette zone monolithique,
- poncé en pente douce la mousse sur ces 10 cm. Ainsi il n’y a pas de "marche" nuisible à la solidité.
A ce stade j’ai vérifié la précision de l’emplacement des repères de quilles. J’avais déjà marqué la mousse à l’avant et l’arrière de chaque quille (étape 4) mais mieux vaut deux fois qu’une !

La latéralité m’était donnée par la ligne séparant les deux lattes de fond de coque (les deux premières rangées que j’ai posées précisément de chaque côté de cet axe longitudinal).

La distance à l’étrave m’était donnée par le marquage au feutre des gabarits sur la mousse (cote du plan).

J’ai pris une barre, sciée à la cote de l’entraxe des quilles, et je l’ai posée d’un bord à l’autre à l’intérieur du bateau, en contrôlant sa perpendicularité à l’axe longitudinal. Ainsi chaque extrémité de la barre reposait sur la ligne fictive des semelles de quilles. Un niveau à bulle et un fil à plomb fixé en son milieu permettait d’être horizontal et bien dans l’axe. J’ai délimité les "lignes de quilles" au feutre sur la mousse. Pour faire ça on prend son temps...

Ici on voit les trois zones monolithiques : étrave (pas encore préparée) et les deux quilles.

Juste avant de stratifier, j’ai poncé légèrement la mousse pour la préparer.
Une astuce : les cubes de polystyrène. Ils servent à supporter une grosse poutre sur laquelle je montais pour poncer, aspirer/nettoyer (encore et encore) et stratifier les premiers tissus de renforts des fonds. En effet je ne voyais pas comment faire autrement pour disposer proprement les tissus.

Puisque le polystyrène est mou, c’est lui qui s’écrasait sous mon poids et pas la mousse corecell. La mousse n’a pas été abimée.
On commence la stratification de la même manière que l’extérieur :

- 4 renforts à chaque quille,
- 1 renfort de fond de coque,

Ces renforts sont toujours en quadriaxial de 600g.

- 2 couches de base pour la coque, en biaxial 450g cette fois.

On commence par l’arrière en recouvrant la demi-largeur du tissu précédent (voir "stratification extérieure"). La manipulation du biaxial est beaucoup plus délicate que le quadriaxial. Le tissu se tient moins bien, il s’étire, il faut le manipuler le moins possible.

Après polymérisation, c’est tout l’effet impressionnant du sandwich : ça y est la coque est raide, mais vraiment. Ca ne bouge plus ! Il reste à la cloisonner pour lui apporter sa résistance définitive.
Pour info, j’estime le poids de la coque seule à ce stade à 260 kg.

Pour résumer l’échantillonnage, on a :

Au niveau des quilles (de l’extérieur vers l’intérieur) :

- 2 couches de base (QX 600g)
- 1 renfort de fond (QX 600g)
- 9 renforts de quilles (5 ext + 4 int) (QX 600g)
- 1 renfort de fond (QX 600g)
- 2 couches de base (BX 450g)

Soit 15 mm de stratifié époxy monolithique.

Bordé (de l’extérieur vers l’intérieur) :

- 2 couches de base (QX 600g)
- 12 mm de mousse Corecell
- 2 couches de base (BX 450g)

Soit un bordé sandwich de 16 mm.

Etrave :

- 4 couches extérieures (les deux couches de base repliées) (QX 600g)
- 4 couches intérieures (BX 450g)

Soit 8 mm monolithique.
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