Le moteur hors-bord (hélice, chaise, consommation)

jeudi 16 mars 2017
par  Guillaume

Le moteur hors-bord est le meilleur choix sur un petit bateau léger comme Spirit, et pas que pour un programme régate ! Surtout en croisière, il conviendrait jusqu’à 9.5 mètres pour un voilier de même philosophie, car les avantages surpassent les inconvénients. Mais à condition de considérer plusieurs paramètres.

Avantages :

- on libère l’hélice d’une algue, d’un cordage ou d’un filet de pêche. C’est du vécu, et je me demande comment aurait fini une aventure dans un filet avec un moteur In-Board...

- en tournant le moteur on oriente l’hélice à 90° pour des manoeuvres ultra précises : on tourne sur place en marche avant, on place le cul du bateau comme on veut pour partir en marche arrière (quitter un ponton cul au vent par exemple...)

- relevés, l’hélice et l’arbre sortent hors de l’eau, ne freinent pas et ne se salissent pas

- on emmène facilement le moteur à réparer (gain de temps et d’argent) ou ...

- ...on le répare chez soi, et on l’hiverne "au chaud" à la maison en le protégeant du gel, de l’humidité, des erreurs de manoeuvre en son absence et du vol.

Inconvénients :

- un poids mal placé (mais toujours plus léger qu’un in-board)

- un problème de bouchage du circuit de refroidissement, à cause de l’électrolyse de l’aluminium. Il faut sans cesse utiliser un fil de fer pour déboucher la pissette... ou sortir la tête motrice et accéder au circuit. A faire soi-même ! VOIR ICI

- un manque d’autonomie par pétole pour des traversées qui commencent à devenir conséquentes (Golfe de Gascogne, Méditerranée...). Il faut stocker de l’essence et c’est un vrai point noir. De plus les moteurs HB ne sont pas faits pour tourner longtemps.

J’ai mesuré une consommation de 1.7 litre / heure en moyenne. Avec 30 litres d’essence embarqués (nourrice + 2 jerricans de 10 litres, à 4,3 noeuds, cela fait environ 18 heures soit 75 milles d’autonomie.
Je garde tant que je peux mon 2 temps 6 CV car il est plus léger et compact que les nouveaux 4 temps. Et de plus il est bi-cylindres, donc plus puissant et moins bruyant.
Les paramètres à prendre en compte :
- Une hélice au pas adapté :
Les hélices standards sont faites pour des annexes ou embarcations légères non lestées. Elles doivent tourner vite et visent la vitesse. Sur un voilier, il faut plus de puissance et moins de vitesse. Le bateau est lourd et il faut le pousser. Pour les manoeuvres de port, il faut pouvoir arrêter le bateau avec la marche arrière...

Celle que j’ai sur mon Yamaha deux temps 6 CV est une 9 x 7 "dual thrust". La surface des pales est plus grande, le pas plus faible. A faible vitesse, elle procure plus de puissance, mais il ne faut pas essayer de monter le régime trop fort : 50-60% maximum. Inutile de dépasser 5 nds, à cette vitesse la puissance est alors optimale pour se dégager d’un courant. Sur une durée de plusieurs heures, par pétole, la vitesse optimale pour consommer peu est environ 4.3 nds. Si besoin, on peut dépasser 5 nds mais la consommation augmente alors beaucoup. Si on monte trop haut dans les tours/mn, on force l’hélice dans l’eau et on bousille le joint de l’hélice : elle finira par "tourner dans le vide" sur son axe (déjà arrivé) et il faut la changer.
- un accès rapide au moteur depuis le cockpit :

Grâce au cockpit ouvert, le barreur assis à côté du moteur accède facilement et instantanément à la poignée de gaz du moteur. On joue avec la barre et le moteur en même temps pour faire pivoter le bateau... un jeu d’enfant quand on a le coup de main. Pas de contorsion, de rallonge de poignée, ni de chaise.
- La chaise :

Sur Spirit je n’en voulais surtout pas ! Les chaises articulées sont lourdes, peu pratiques à manoeuvrer, rouillent, se coincent... J’ai simplement joint-congé + stratifié à la jupe un carré de contreplaqué 20 mm, doublé à hauteur des poignées de serrage. Il n’y a aucune souplesse donc une parfaite transmission de la force au bateau. La hauteur est optimale pour que l’hélice soit bien immergée quand je hisse les voiles à l’avant en solo. Il suffit d’incliner le moteur à 90° pour que l’hélice ne touche pas l’eau.
- La profondeur de l’hélice :

Sortir du port face au vent et aux vagues, ou vent contre courant : on a tous connu ! Dans les vagues, si l’hélice sort de l’eau, les pêcheurs à la ligne croient qu’un Airbus décolle du quai. Dans ce cas la puissance seule du moteur ne sert à rien, la chaise ne fait pas descendre le moteur assez bas.

En plus de l’arbre long (une évidence), la solution que j’ai choisie est d’exagérer un peu la profondeur de l’hélice, même si c’est un peu trop sur mer plate. Au moment de construire la chaise en CP, j’ai donc augmenté de 7 cm la profondeur idéale théorique. Le principal est d’avancer et se diriger dans le clapot, notamment quand on manoeuvre au pied de mât en solo.

Pour l’entretien du circuit de refroidissement, VOIR ICI
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