Techniques d’échouage ou comment beacher sans souci !

jeudi 2 avril 2015
par  Guillaume

Spirit : le 3 pattes tout-terrain !

Echouer en croisière (au sens de l’échouage et pas de l’échouement...!) est le moyen idéal pour profiter d’un site sauvage sans s’entasser dans un port playmobil, ou se battre pour la dernière bouée à 30 euros, en plein courant ou plein vent... C’est un moyen d’aller à terre avec une autre approche, pas forcément plus pratique, mais plus marine et poétique. Cela implique d’observer l’environnement, réfléchir sa manoeuvre et quand c’est réussi, ça fait toujours plaisir ! Se poser sur ses quilles augmente les possibilités d’abri en cas de coup de vent (je pense aux Iles Scilly), le terrain de jeu s’agrandit pour plus de plaisir et de sécurité ! Enfin, cela permet d’observer sa carène, ce qui est toujours bien en croisière. Bref, on essaie de faire corps avec son bateau et la nature, et ça, ça me plaît !

La plage d’Old Grimsby, à Tresco, une des îles Scilly (avant qu’on se fasse poliment virer...)
Tout d’abord, savoir comment sont les fonds à l’endroit visé. Bien lire la carte, être allé sur le site à marée basse, ou avoir repéré aux jumelles la veille où on va poser ses quilles. Cela peut mériter de faire un premier mouillage en eau profonde à côté pour éviter les mauvaises surprises. Des cailloux trop gros, et surtout des trous, qui peuvent être masqués par des algues. Bien vérifier la pente de l’estran, car si cela ne met pas forcément le bateau en danger, un sol trop en pente élimine tout confort ! et l’échouage devient alors une corvée !
On arrive doucement à partir de PM+1h, avec des coefficients de marée croissants si possible... au risque de rester coincé au même endroit plus longtemps que prévu !... Si les coeff sont décroissants (la mer montera moins haut à PM), on arrive plutôt vers PM+2h.
Au moment où on touche, on maintient un peu de moteur en marche avant pour caler doucement les quilles dans le sable si l’on beache sur une plage. Si une quille touche avant l’autre, il suffit de laisser tourner le bateau sur sa quille comme il le veut pour qu’il se place bien à la perpendiculaire de la pente. On peut s’aider du moteur HB en l’orientant à 90° pour faire tourner le bateau bien face à la pente.
Si les fonds sont vraiment plats, on ne peut pas "beacher", on doit attendre l’échouage. Si le vent est faible, on peut mouiller l’ancre en mettant la chaîne en tas "en plomb de sonde" à côté de l’ancre pour ne pas laisser le bateau trop gigoter pendant l’échouage, et éviter de racler les fonds avec les quilles.
En cas de vent fort, je préfère beacher au lieu de laisser échouer le bateau car Spirit évite beaucoup autour de son mouillage, et les quilles râclent le fond... ouch !...
Suivant la direction du vent, le bateau n’a pas toujours la même position d’une marée à l’autre, donc pas le même niveau d’eau ! Il faut le prévoir aussi...
Si l’on ne veut rester que le temps d’une marée (et que l’on reste à côté du bateau ou pas trop loin...), il est alors inutile de sortir le mouillage... On beache, on coupe le moteur... et on pique-nique ! Simplissime !

Dans la lagune de Faro, île de Culatra, au Portugal. Le temps d’une marée, le mouillage ne sort pas de sa baille.
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